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SATORU SATO

Satoru Satō est un artiste plasticien japonais qui travaille et vit en France.

Ayant opté pour la conception géométrique, SATORU SATO délivre d’abord une peinture sur toile écrue, sertie au centre ou sur les marges de bandes colorées verticales, puis il abolit le support et en vient à des reliefs lamelliformes en bois lisse, dont la position horizontale en croissance décalée, fédère des écarts et des rapprochements qui suscitent les tensions garantes de leur viabilité.

Parfois, il agrémente ses panneaux à claire-voie de triangles sinon de rectangles, y introduit occasionnellement des feuilles de métal, avant d’exécuter des mosaïques, des vitraux, de pratiquer la sculpture en granit, et de se focaliser plus tard sur le béton blanc. Ceci, pour scander de vastes espaces à l’air libre en symbiose avec le règne naturel, dont on sait qu’au Japon il est indissociable de la vie. Quelque chose de quasi religieux, comme des réminiscences de rites archaïques, imprègne les colonnades de ses hautes architectures en enfilade, qui induisent une autre lecture de leur site d’implantation, en traçant, à travers leur changement d’échelle, des itinéraires initiatiques à la recherche de l’idée de passage.

Aujourd’hui, néanmoins, c’est en priorité la peinture qui nous convoque. Une peinture dont les pivots dispensateurs d’équilibre n’ont guère varié, mais au service maintenant d’une nouvelle façon d’organiser ses dispositifs, de les alléger et de les concentrer en déplaçant le centre de la composition, dans une quête de l’essentiel jamais démentie. Evanouies les verticales chromatiques mitoyennes, ce sont désormais, d’une part, des unités triangulaires qui en incluent d’autres rectangulaires, et de l’autre, des étendues quadrangulaires marquées en aval d’une mince barre de contention, qui hébergent à leur tour des formes en rectangle plus réduites. Enfin, à cette phase peut-être davantage enjouée, parce que mêlant des inversions de formes inattendues, répond à présent une longue série de toiles écrues irriguées d’une floraison de croix équidistantes, comportant en contrebas un carré de bois et deux légèrement déboités, qui sanctionnent un autre volet du répertoire construit de Satoru. Et si rien n’est de trop dans ces périmètres ordinairement formels, on y recense une pulsion intérieure mâtinée d’humanité, qui révèle une géométrie des émotions.

Logique et volontaire, inquiète et maîtrisée, l’œuvre de SATORU SATO a de nos jours conquis un statut enviable au sein de l’art de son temps.

Texte de Gérard Xuriguéra

Véritable militant de l’art géométrique et de l’art concret, Satoru Sato a donné naissance à un musée unique au Japon. Depuis 2007, le Satoru Sato Art Museum présente 50 ans de sa création depuis le lycée jusqu’à aujourd’hui. Une donation de 250 pièces de 160 artistes et  ses amis collecteurs, parmi lesquels figurent Yaakov  Agam, Carmelo Arden Quin, Bozzoloni, Eduardo Chilida,  Cruz-Diez, Sonia Delaunay, Jean Dewasne, Otto Freundlich, Ivan Contreras-Brunet, Gunter Fruhtrunk , Horacio Garcia Ross-,  Jean Leppien , Sol Lewit , Richard Paul Lohse, Mario Di Teana, Piet Mondrian, Aurelie Neumour, Luc Peire, Nicolas Schoffer, Michel Seuphor, Rafael Soto, Mauro Staccioli, Piter Stampfli, Joaquín Torres–García, Luis Tomasello, Victor Vasarely, Jacques Villon, etc, ont enrichi sa collection.