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SATORU SATO

Par Fanny Revault

Véritable militant de l’art géométrique et de l’art concret, Satoru Satō travaille avec audace et fascination la géométrie jusqu’à son dépouillement extrême. Ses constructions, au commencement, faites d’aplats chromatiques, puis ses tableaux en relief composés de structures de bois et, enfin, la simplification de la toile laissant place au vide mèneront l’artiste japonais à la sculpture proprement dite et à une recherche sur l'intégration de l'art dans l'environnement. Satoru Satō développera également un axe de recherche autour de la notion de verticalisme. En 2007, il créé un musée unique au Japon, Satoru Sato Art Museu, consacré à l’art géométrique. Rencontre avec un défenseur de l'art mondrian-esque.


À quel moment de votre vie avez-vous ressenti un intérêt pour l’art ?

Depuis mon enfance, j’ai la chance d’être baigné dans l’art grâce à ma famille. Chez nous, il y a d’anciennes peintures traditionnelles japonaises. Nous disposons également de peintures à l’huile européennes plus récentes.

J’ai commencé le dessin avant d’entrer à l’école primaire. Puis, à dix ans, je commençais à copier Picasso, Picabia et Matisse. Dans un même temps, j’ai appris le violon que je pratiquais chaque jour pendant trois ans. Je pensais déjà à l’Europe lorsque j’étais petit.

Vous êtes un grand défenseur de l’art géométrique depuis les années 1970...Comment en êtes-vous arrivé là ? 

Je défends le concept d’art géométrique ainsi que des artistes tels que Michel Seuphor, qui était par ailleurs très ami de Piet Mondrian. Seuphor m’a expliqué l’histoire de cette époque du Bauhaus et des artistes iconiques comme Mondrian. C’est grâce à cela que j’ai adopté le style géométrique dans mes constructions. J’ai choisi des directions qui m’ont poussé à garder ces deux aspects dans ma pratique. Cet esprit que je souhaite conserver anime mon travail.

Quels sont les artistes qui vous ont inspiré ?

Léonard de Vinci, bien-sûr. Piet Mondrian, et Malevitch aussi. J’apprécie également les artistes de l’école du Bauhaus comme Moholy Nagy et d’autres dont je jalouse même le travail. Jean Lupien, un ami, était étudiant au Bauhaus et détient aujourd’hui des tableaux de Kandinsky. Il a également collaboré avec Moholy Nagy.

Grâce à cet ami, je suis vraiment entré en contact avec l’esprit du Bauhaus.

Pour vous, qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?

Je dirais la grotte d’Altamira car j’ai vraiment eu un choc en l’apercevant. Les pyramides égyptiennes également. La précision avec laquelle elles ont été calculées est remarquable, surtout lorsque l’on sait que les égyptiens utilisaient, à l’époque, des instruments comme la lune et le soleil. Elles sont parfaitement géométriques. J’ai visité l’Égypte il y a plus de quarante ans et j’ai ressenti un choc qui a marqué ma vie.