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BIENALSUR – CRANS-MONTANA

Crans-Montana accueille pour la première fois en Suisse la deuxième édition de BIENALSUR (Biennale Internationale d´Art Contemporain d'Amérique du Sud). Pour l’occasion, cinq artistes de renommée internationale proposeront leurs œuvres dans un parcours entre Lens et Crans-Montana : les artistes argentins Marie Orensanz et Leandro Erlich, l'artiste franco-argentin Pablo Reinoso, l'artiste espagnol Lluis Lleo ainsi que l'artiste suisse Valentin Carron. La 6ème œuvre de BIENALSUR Crans-Montana consiste en une installation magistrale, « Kulata Tjuta », réalisée par un collectif d'artistes aborigènes australiens et faisant partie intégrante de l'exposition d'art aborigène contemporain Before Time Began, qui a lieu simultanément à la Fondation Opale à Lens. Rencontre avec les acteurs de cette deuxième édition.


Aníbal Jozami, Directeur Général de BIENALSUR

C’est très important pour BIENALSUR d’être à Crans-Montana, en Suisse, dans un endroit de diversité culturelle et de diversité des langues. La Suisse est un endroit très important d’un point de vue culturel, pas seulement parce que c’est un pays qui défend les droits humains, mais parce que c’est aussi la terre de Rousseau ou de Benjamin Constant ; cela veut dire que nous sommes dans un endroit de culture, dans un endroit de diversité, ce qui est très important pour nous.

Je voudrais faire remarquer l’importance de Kulata Tjuta, une œuvre faite par 83 artistes ; c’est une œuvre très significative par ce qu’elle exprime, aussi par la quantité d’artistes qui y ont participé, et parce qu’elle représente justement la diversité culturelle qu’on prône à BIENALSUR.

David Bagnoud, Président de la Commune de Lens

C’est déjà un très grand honneur pour nous de recevoir BIENALSUR, c’est l’occasion d’être, d'exister sur la carte avec notre fondation, et c’est une visibilité qui est très importante pour nous, avec des retombées, je pense, qui seront très importantes. Tisser des relations entre le nord, le sud, entre les différentes cultures et l’art qui nous relie tous. C’est donc une passerelle extraordinaire, et d’avoir pu saisir cette chance pour nous aujourd'hui… C’est, pour moi, vraiment magique.

Diana Wechsler, Directrice Artistique et Académique de BIENALSUR

La coopération partagée entre Crans-Montana et BIENALSUR dans cette édition 2019 est une réunion vertueuse. Cette grande cartographie culturelle artistique contemporaine établie par BIENALSUR Crans-Montana fait partie d’une des 43 villes de l’édition 2019 et nous espérons qu’elle continuera à en faire partie dans le futur.

Berengère Primat, Présidente de la Fondation Opale

Kulata Tjuta, qui signifie ‘beaucoup de lances’ fait partie d’un projet qui a démarré il y a quelques années en Australie, avec des lances. Et la lance, pour les anciens, représente le premier… C’est à la fois une arme et un outil pour la chasse ; il était très important pour eux de perpétuer cette tradition. Et je suis ravie que BIENALSUR se soit intéressé à cette œuvre, parce qu’elle est à la fois excessivement contemporaine lorsqu’on voit ce tourbillon de vent avec mille cinq cent lances et objets à l’intérieur ; on se dit ce que c’est et d’où ça vient. Après, quand on comprend toute la dimension historique, c’est très intéressant, parce que c’est à la fois un tourbillon de vent qui, pour les peuples aborigènes, représente l’âme d’une personne qui est décédée. Donc il y a, à la fois, la dimension des anciens qui apportent un message, et en même temps, c’est une métaphore pour se demander ce que va devenir la société aborigène dans le monde global dans lequel on est aujourd’hui. On voit le vent qui emporte tout sur son passage, ça emporte des photos, des objets ; voilà, c’est ce questionnement qui est aussi très intéressant et je pense que c’est une très belle chose qu’une biennale d’art comme BIENALSUR puise associer les connaissances ancestrales et l’aspect très contemporain.

Georges Petitjean, Commissaire Fondation OPALE

C’est insolite que des australiens, des aborigènes, donc les habitants originels de la Terre australienne rencontrent ici des artistes d’Amérique latine, et je crois que c’est aussi le point fort de BIENALSUR ; ce n’est pas d’imiter un seul espace, un seul pays. Buenos Aires peut être la base mais BIENALSUR est partout au monde, et cela est quelque chose d’assez remarquable que des gens, des artistes de différents continents se rencontrent sur un continent différent.

Aníbal Jozami, Directeur Général de BIENALSUR

C’est un projet culturel qui prône la diversité, qui prône la présence partagée entre les artistes du sud avec les artistes du nord. L’art est une des expressions de la culture en général, c’est très important pour détruire les murs qui sont en train de se construire en ce moment dans le monde, c’est très important pour surpasser et traverser les frontières, pas seulement les frontières géographiques entre les pays, mais aussi les frontières qui existent aujourd’hui entre les personnes humaines à cause du mépris qu’il y a pour certaines religions, pour certaines couleurs de peau, pour les immigrés, qui ont dû fuir leur pays à cause des problèmes politiques ou économiques et l’art peut être un instrument de dialogue, un instrument de la construction d’un monde meilleur.

Il y a beaucoup de points qui marquent la différence entre toutes les autres biennales que vous pouvez connaître et la nôtre. Premièrement, nous ne sommes pas une foire, c’est un projet culturel, qui a son origine dans l’académie et qui est dirigé par une université argentine. Les biennales ont un curateur unique, un directeur de la biennale qui choisit un thème et propose aux artistes de travailler sur ce thème. Au contraire, nous avons fait un appel de projets pour la première édition de la biennale, et on a reçu 2500 projets, pour la deuxième, 5100 projets d’artistes qui provenaient de 82 pays différents, sans aucune limitation de thème. Nous avons un conseil curatorial intégré par plus de vingt commissaires qui sont parmi les plus représentatifs du monde, directeurs de grands musées internationaux, et notre sélection des projets s’exprime dans les expositions. Nous présentons plus d’une centaine d’expositions dans 44 villes de 20 pays en ce moment.

Je me rappelle toujours d’une phrase de Paul Valéry, qui a dit, dans les années 30, qu’on devait revenir à la poursuite presque religieuse de la beauté comme valeur, et je crois que c’est complètement présent, actuel, et qu’il y a beaucoup d’artistes ayant oublié cette nécessité de la beauté ; la beauté alimente le monde.